Un nouveau CAFDES pour un autre style de Management

Le C.A.F.D.E.S est devenu, en Mars 2002, le Certificat d’Aptitude aux Fonctions de Directeur d’Etablissement et de service d’Intervention Sociale et le cycle préparatoire a été profondément transformé.

Cette réforme a pris en compte :

1. l’évolution des politiques publiques qui insistent :

- sur la place à accorder aux bénéficiaires des prises en charge dans une visée éthique et opérationnelle fondée sur la solidarité et la dignité,
- sur la nécessité de passer d’une logique de structure à une logique de prestation à la personne, amenant les dirigeants à décloisonner leurs interventions et à animer des partenariats,
- sur l’obligation d’élaborer un projet d’établissement et de le réévaluer régulièrement,
- sur la nécessaire qualification des directeurs d’établissements et de services ;
2. la pluralité des contextes à prendre en compte, en particulier la territorialisation des politiques publiques, l’approche globale et transversale des problématiques de populations,
l’enchevêtrement des niveaux de décision administrative et financière ;

Les points essentiels de la réforme concernent :

3. l’élargissement de l’accès à la formation à de nouveaux acteurs de l’Action Sociale (politique de la ville, services d’insertion, foyers de jeunes travailleurs…) ou à des cadres hors secteur de l’Action Sociale cumulant une expérience d’encadrement et un niveau de diplôme (I ou II).
4. La durée de la formation qui est de 30 mois à présent.

5. Une architecture de formation structurée autour d’un référentiel de compétences,
elles-mêmes identifiant cinq fonctions principales :
- la définition et la conduite de l’intervention sociale,
- la définition et la conduite du projet d’établissement ou de service,
- l’animation et la gestion des ressources humaines,
- la gestion technique et logistique,
à partir desquelles trois axes de formation ont été définis :
- comprendre et agir dans un environnement,
- ingénierie et conduite de projet,
- management et pilotage stratégique.
Cette dernière dimension était insuffisamment prise en compte ; elle est aujourd’hui centrale dans le processus de formation parce qu’elle l’est dans l’exercice de la fonction de direction face à un environnement complexe, mouvant et incertain.

6. Une individualisation des trajectoires de formation correspondant à la prise en compte de la diversité plus grande des stagiaires, des terrains professionnels et de la mise en place de la V.A.E.

7. Un mode de validation articulant une dimension de contrôle des connaissances fondamentales et une évaluation des compétences globales de direction dans l’élaboration et le management de projet d’action sociale.

Nous insistons sur l’importance des acquisitions de connaissances ; elles sont essentielles car la complexification des législations, des procédures et des financements ainsi que l’évolution des conceptions en matière de prise en charge et de gestion des projets rendent obligatoire une parfaite connaissance des textes et des théories,
une vigilance constante sur l’évolution des méthodes et des dispositifs d’Action Sociale.

Mais nous avons aussi organisé la formation pour qu’elle soit un espace de réflexion, confrontation, de débat de mutualisation autour du sens de l’action, des modes de management des projets et des collectifs de travail.

Etre en formation, c’est aussi avoir la possibilité de prendre de la distance par rapport à une pratique quotidienne parfois usante et routinière, alors que le niveau de responsabilité demande, au directeur, de la lucidité, du réalisme mais aussi de l’utopie, de l’audace et de la créativité.


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