Journée d'études VAE du 16 janvier 2008

 

Le point sur la VAE en région PACA, dans le secteur sanitaire et social.

Regis GUILLEMETTE
 

Concernant le nombre de demandes VAE en France, notre région se situe en troisième position. Régis GUILLEMETTE, chargé de mission VAE au GIP Espace Compétences (centre de ressources au service des politiques d'emploi et de formation), nous a apporté quelques précisions sur le nombre de demandes en PACA : sur 10 000 personnes qui engagent une démarche chaque année, 7 500 passent la 1ère étape (notification de recevabilité), 4 900 se présentent devant un jury et 2 500 obtiennent une validation totale du diplôme. Les personnes qui ont obtenu une validation partielle choisissent, dans 90 % des cas, la voie de la formation pour compléter leurs domaines de formation.

Il faut également noter que notre région vit une situation particulière. En effet, 9 000 personnes déclarées recevables ne se sont pas présentées devant un de jury , on compte parmi celles-ci + de 2000 pour le secteur sanitaire et social .

     
Cecile DAUPHIN
 

Concernant le financement, UNIFAF a financé entre 2002 et 2005, 540 accompagnements tous diplômes confondus. Cécile DAUPHIN, chargée de mission à UNIFAF, nous a également précisé que 300 personnes ont pu bénéficier d'un accompagnement dans le cadre du dispositif du soutien de branche (DSB) pour la VAE du Diplôme d'Etat d'Educateur Spécialisé (dispositif spécifique à la branche pour lequel la durée de l'accompagnement est de 187 heures au lieu de 24 heures). De plus, un dispositif spécifique a permis d'accompagner 93 personnes des services généraux d'établissements du secteur.

Ces chiffres ne doivent pas nous faire oublier la réalité du dispositif VAE pour le candidat :

     

La VAE un processus complexe qui entraîne de profonds changements tant professionnels que personnels.

Abdel-Loueb MANSOURI et Magalie PERRIN
 

Deux anciens candidats, Magalie PERRIN et Abdel-Loueb MANSOURI, ont témoigné de cette expérience singulière. « Faire une VAE » comme disent les candidats est l’occasion de mener un travail réflexif, évaluatif centré sur les situations de travail et les compétences à l’œuvre dans l’activité. Questionner ses compétences, ses pratiques, c’est s’exposer à son propre regard, au regard de ses collègues et de ses pairs. Ce questionnement, pour qu’il ne mette pas l’individu en danger, s’appuie sur un travail méthodologique rigoureux, initié par des professionnels dans le cadre de l’accompagnement. Cet accompagnement nécessite une ingénierie et une posture pédagogique spécifique et relativement distincte de ce qui se fait dans le cadre d’une formation.

Le travail d’analyse et de réflexion initié par le candidat continue bien au-delà de la fin de la VAE. Ce nouveau positionnement initie bien souvent des dynamiques au service des institutions.

     

Ces changements initient de nouvelles pratiques dans la gestion des ressources humaines des établissements.

Michel SCOTTO et Marc VIGOUROUX
 

Michel SCOTTO, Directeur Adjoint de l’ADDAP 13, et Marc VIGOUROUX, Directeur Général de la Chrysalide Marseille nous ont fait part de leurs expériences d’employeurs. Dans sa dimension collective, la VAE est un processus au service du dialogue social. Dans l’établissement, elle initie de nouvelles pratiques dans la gestion des ressources humaines et des parcours de professionnalisation. Certifier les compétences des salariés peut permettre d’accompagner les évolutions internes et de d’adapter l’institution aux nouveaux enjeux du secteur. On sait combien le secteur social est soumis à de profondes mutations : la loi 2002-2 et l’évaluation, la réforme des formations en travail social et la nouvelle place des professionnels et des établissements dans la certification (en tant que jury, site qualifiant, maître d’apprentissage, tuteurs référents…).

La VAE est par définition un dispositif qui légitime la dimension apprenante, formative des situations de travail. La reconnaissance et la validation des compétences d’un candidat, peut témoigner des compétences collectives de l’organisation dans laquelle ce même candidat exerce ou a exercé ses fonctions.

La question des moyens pour financer ces évolutions reste toutefois en suspens.

Ces changements initient également de nouvelles pratiques au sein de l’IRTS.

Au regard des évolutions du champ social évoquées ci-dessus, de la logique de professionnalisation initiée par les réformes des diplômes et la VAE, l'organisation et les méthodes pédagogiques de l'IRTS évoluent. Ainsi, les équipes pédagogiques se situent de moins en moins dans une logique de transmission des savoirs mais de plus en plus dans une logique d'appropriation. L'étudiant ou le candidat, est désormais au cœur du processus. Pour ne citer que deux exemples : travail personnel, formation ouverte et à distance font de plus en plus partie intégrante des dispositifs de formation.

A noter :

Un compte-rendu plus détaillé sera disponible prochainement.


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