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ICI et AILLEURS : se former en situation de "délocalisation"De septembre 1999 à juin 2003, j'ai suivi une formation d'éducatrice spécialisée en situation d'emploi dans le cadre d'un dispositif nouveau dont la caractéristique principale a été la "délocalisation" (Emploi-jeune, Rectorat de Nice).
De quoi s'agit-il lorsque l'on parle de délocalisation ?
Ce qu'exige une situation de formation délocalisée
Un autre point majeur, à mon avis, a contribué à renforcer l'étayage de la formation. Il s'agit du caractère ouvert et pluriel des références qui nous étaient proposées. Les intervenants étaient très différents, abordaient souvent des questions semblables mais sous des regards spécifiques. On pourrait trouver qu'il y a là un paradoxe. En effet, la situation de délocalisation crée des risques d'éclatement et l'on pourrait être tenté de les prévenir par un cadre plus fermé et strict, censé contenir l'ensemble de la formation. Puisque la formation n'était pas principalement tenue par le cadre institué, elle avait une importance quant à ses rythmes, ses temps et ses moments. Les différents contenus étaient inscrits dans des processus d'interdépendances, de même que les relations entre les formateurs, chacun était en quelque sorte le maillon d'une chaîne. Les formateurs relativisaient leurs propres approches et ouvraient sur les références des autres avec lesquelles elles coexistaient. Les contenus se situaient donc dans la mouvance que je repère comme la caractéristique principale de notre formation. Les travaux demandés ont débordés des exigences habituelles. Lorsque nous avons pu, en dernière année, les comparer avec celles des promotions classiques, nous nous sommes aperçus qu'il y avait des différences. Je me rappelle qu'un groupe d'élèves du cycle "maison-mère" nous avait interpellés en nous disant : "Vous préparez l'ENA ?". Je n'ai pas répondu à cette observation, j'ai simplement pensé qu'il était nécessaire que de telles exigences existent dans le cadre d'une formation en situation de délocalisation. En effet, elles ont contribué à nous inscrire dans des processus de formation balisés. Ces repères nous alimentaient et nous permettaient de poursuivre notre recherche. Les commissions de passage ont toujours été très importantes. La présence du directeur-général de l'IRTS et de professionnels présents dans le cycle de formation rendaient public et visible le contenu de la formation. C'était gratifiant pour nous, il y avait comme une forme de reconnaissance de notre travail et de nos investissements. Le service de documentation a joué dans notre formation un rôle essentiel. En situation de délocalisation, il n'y a pas de bibliothèque, pas de documentation, pas de personnes ressources disponibles sur place. Il a fallu construire et activer des procédures et des relations. Personnellement et au nom de mes camarades, je peux dire que le lien avec le service de documentation a été le "cordon ombilical" qui nous reliait à la "maison-mère". Nous pouvions demander des ouvrages, des articles, des recherches thématiques dont nous disposions toujours très rapidement. Cette relation avec le service de documentation est venue alimenter la dynamique de la formation. Il s'agissait de bien plus qu'une prestation, véritablement, c'est un service qui nous a été rendu.
Les conditions de la réussite
Bilan |
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