Pour mieux comprendre les nouvelles donnes de la qualification professionnelle

Pour mieux comprendre les nouvelles donnes de la qualification professionnelle, en particulier dans son aspect de gestion financière et organisationnelle, nous avons rencontré Madame Cécile DEBRIFFE, chargée de mission à PROMOFAF pour la communication et la VAE.

Nous avons appris le « mariage » prochain d'UNIFORMATION et de PROMOFAF Qu'en est il exactement et qu'est ce que cela va changer ?

PROMOFAF va reprendre 40% des activités d'UNIFORMATION, celles couvrant le secteur social et médico social. UNIFORMATION garde principalement les activités socio culturelles et syndicales.

Cela va permettre, d'une part une représentation forte de la branche professionnelle associative, un atout à l'heure de la régionalisation, d'autre part un repérage plus facile pour les adhérents.

• Une nouvelle législation

La nouvelle loi sur la formation professionnelle est sortie récemment ; que dit elle ? quelles innovations pose t elle ?

La nouvelle loi qui aborde la réforme de la formation professionnelle est sortie le 4 mai 2004 Elle pose le principe, dans son titre 1er, de "la formation tout au long de la vie". Il faut en retenir les points suivants :

- le plan de formation de toute entreprise doit distinguer les actions liées à l'évolution et au maintien des emplois, celles contribuant au développement des compétences, enfin celles permettant l'adaptation au poste de travail ;

- le "droit individuel à la formation" pour tout salarié (DIF) comprend un total de 120h sur 6 ans ;

- Le "contrat de professionnalisation" remplace notamment le contrat de qualification ;

- La "période de professionnalisation" propose une période de formation en alternance pour tout salarié peu qualifié au regard de l'évolution de son poste ;

- Le financement de la formation par les entreprises augmente de 0,10% au moins de la masse salariale brute, selon le nombre de salariés ;

- Le contrat d'apprentissage voit certaines de ses conditions modifiées.

•les enjeux du renouvellement et de la qualification

Depuis longtemps, PROMOFAF a tiré la sonnette d'alarme concernant les pénuries de personnels qualifiés dans le secteur; pouvez vous nous en rappeler les constats ?

PROMOFAF dispose depuis des années d'un outil d'analyse et de prévision ; cet observatoire a permis au Conseil d'Administration National d'une part d'estimer l'ampleur des besoins :
- un quart des salariés arriveront à l'âge de 60 ans entre maintenant et 2010,
- le taux de départ en retraite quadruple entre la période 97/01 et 02/06 ,
d'autre part d'identifier les professions à forte pénurie de qualification
- 50% de cadres ont un diplôme inférieur à l'emploi occupé,
- selon les professions socio éducatives, le taux de « faisant fonction » peut varier de 13% à 50% .

Cet observatoire a également défini des priorités nationales en matière de qualification ; ce sont les Plans d'Intervention pour la Qualification concernant en particulier les formations d'Educateur Spécialisé, d'Educateur de Jeunes Enfants, d'Aide Soignant et les spécialisations d'Infirmier.

• les nouvelles voies d'accès (apprentissage et VAE)

Dans ce contexte de pénurie, quelle place occupent les nouvelles voies d'accès à la qualification, telles que l'apprentissage et la VAE ?

Avant de vous répondre directement, rappelons les possibilités actuelles de formation :
- la formation initiale, dans laquelle j'inclus l'apprentissage,
- la formation continue qui s'adresse aux personnels déjà en emploi,
- la VAE.

L'Etat a beaucoup tardé à augmenter les quotas de formation subventionnée, creusant un écart que la Formation Continue ne pouvait pas combler. La branche s'est donc mobilisée pour mettre en place, dans chaque région, une voie d'accès par l'apprentissage qui connaît un grand succès : les résultats aux examens des apprentis sont meilleurs que ceux des étudiants en voie directe classique. Nous comptons maintenir cette priorité aux plans national et régional.

Par ailleurs, ce dispositif résout la question de la durée d'étude minimum de 3 ans pour les formations de niveau 3 que la formule « contrat de qualification » ne pouvait assurer, compte tenu de la limitation de la formation à 18 mois.

II est à noter que le « contrat de qualification » disparaît, suite à la nouvelle loi sur la formation professionnelle, au profit d'un « contrat de professionnalisation ». La négociation de branche prévoit de porter la formation à 2100 heures, comportant des temps de formation théorique en centre de formation, des temps de stage, des temps d'évaluation et des temps de tutorat. Cela va permettre de reconnaître l'entreprise comme formatrice. Pour les AMP, grands consommateurs du Contrat de Qualification, même si le temps reste sur 18 mois, il y aura la possibilité de financer plus d'heures liées au tutorat, à l'évaluation...

Il y a une autre voie d'accès assez négligée, le Contrat Individuel de Formation (CIF) qui est une démarche volontaire de la personne de rentrer dans la qualification. Actuellement, 58% de l'enveloppe budgétaire est réservée au développement de la qualification du secteur, notamment pour les formations de niveau 5 à 3, mais la majeure partie est prise par les qualifications de niveau 5. La VAE pourrait venir alléger cette part.

Que dire de la Validation des Acquis d'Expérience (VAE)

Actuellement, il y a des attentes très diverses chez les personnes concernées
- une demande massive des salariés sans qualification (services généraux, administration...) pour obtenir un premier niveau de qualification de niveau 5.
- Beaucoup de Moniteurs Educateurs pensent être en fonction d'Educateur Spécialisé mais ils ne vont pas pouvoir obtenir la VAE en totalité du fait d'un rapport à l'écrit insuffisant ; il y aura alors retour à la formation initiale, d'où une certaine déception pour eux.

La branche professionnelle pourrait jouer un rôle considérable en accompagnant en priorité les salariés les plus proches de la qualification souhaitée, auxquels il ne manque pas grand chose pour les amener à
l'intégralité de la validation. L'enjeu est la qualification, pas un bout de diplôme. De ce fait, le bilan de positionnement va permettre d'évaluer le besoin d'accompagnement en vue de passer devant le jury.

Pour concevoir le dossier de VAE, il y a lieu de respecter des consignes très précises, soulignant ainsi l'importance des critères de lecture et d'écrit.

La VAE vise, non pas à attirer des gens extérieurs à la branche, mais à susciter une mobilité dans un secteur où elle est plutôt faible ; le caractère d'allégement sera incitatif. De ce fait, elle va répondre aux besoins des départements les plus démunis et éloignés des centres de formation ; la VAE est donc un dispositif alliant territorialité et délocalisation.

Mais face à certains professionnels et formateurs qui l'accusent de brader les diplômes, il est important de mettre en relief le processus de formation qu'il y a derrière toute cette procédure.


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