En quête de doc…

Traditionnellement, les documentalistes ont un rapport avec les étudiants différent de celui des formateurs. Notre rôle n’est pas établi d’entrée ni institué, il se construit.

Nous connaissons les projets pédagogiques mais nous découvrons le projet individuel de l’étudiant. Notre rencontre est basée sur la proposition d’un service et reste une démarche volontaire de la part de l’étudiant. Dans une phase de découverte réciproque, l’étudiant approche la documentation comme un monde où se trouvent les réponses à ses questions et l’accompagnement des documentalistes incite à un temps de pause avant la ruée vers l’outil de recherche. C’est le temps de mobilisation des connaissances.

Dans le module de formation commune, lors de la première année de formation, formateurs et documentalistes sont partenaires. La première étape est assurée par le formateur. Celui-ci y tient le rôle de « catalyseur », de facilitateur de l’expression spontanée des étudiants, du « déjà connu », des représentations de chacun, jusqu’à ce que les réponses du groupe soient épuisées et que l’appétence pour d’autres ressources surgisse. Il a permis la construction d’une question précise, la légitimant par son statut et sa présence. En effet, cette étape est d’ordinaire délicate, souvent escamotée, dans le rapport direct documentaliste-étudiant. Nos utilisateurs cherchent souvent une réponse immédiate sans construire de démarche de recherche. Ils veulent accéder à l’outil avant de connaître leur besoin d’information. En caricaturant un peu : avec un ordinateur, on trouve tout sur Internet ! Ici, nous prenons le relais dans un paysage éclairci et favorable.

La collaboration documentaliste-formateur valorise la démarche de construction de la connaissance, amenant à redéfinir le rôle de chacun. En participant à la construction du module et au choix des thèmes à traiter, les documentalistes ont pu anticiper les besoins de ressources et ont évité que certains groupes se retrouvent dans l’impasse totale. L’inconfort de l’inconnu est partagé : ils s’épaulent pour que les étudiants aboutissent dans leur démarche. Ces rôles ont certes été tenus mais les habitudes sont tenaces. Certains formateurs n’ont pas pensé que le service de documentation de l’IRTS (imaginé comme spécialisé) pouvait détenir des ressources sur des sujets tels que les animaux ou le traitement des déchets. De ce fait ils ont tout misé sur les ressources extérieures et ne se sont même pas préoccupé du travail de préparation fait par les documentalistes.

Par ailleurs, nous étions tous tellement concentrés sur la nouveauté de cette relation à l’étudiant que les exigences de qualité de l’écrit à rendre ont été moindres. Par contre, la participation des documentalistes est allée jusqu’au bout, à savoir que l’ensemble de l’équipe a assisté aux restitutions et a pu intervenir au même titre que les formateurs dans les appréciations qualitatives.

La longue histoire des relations entre formateurs et documentalistes doit continuer à s’écrire.


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