|
|
|
Vers une formation ouverte
Un constat et un postulat de départ : Pour mieux répondre aux enjeux d’autoformation, de valorisation des acquis de l’expérience par rapport aux savoirs académiques…, il lui semblait nécessaire de proposer une formule inédite, susceptible de favoriser l’initiative des personnes et des groupes. L’équipe de formateurs a donc cherché à construire un modèle de pratique de formation impliquant plus directement les étudiants. En effet, ceux-ci ont des connaissances concernant les problématiques sociales, ils en ont une représentation mais aussi des savoirs pratiques et théoriques. En fait, la formation commune est l’occasion « de faciliter la mise au jour de ces savoirs et connaissances afin de les exprimer, de les confronter, de les soumettre à la discussion contradictoire et par là même de réussir à ce que les étudiants identifient leur inscription dans le débat social et professionnel » (PAPAY 2005). Des objectifs ambitieux :L’enjeu principal de cette formation commune a donc été d’expérimenter une manière de former et de se former différente, en réinterrogeant la posture du formateur et, parallèlement, celle de l’étudiant. En adoptant une posture décalée pour ne pas instaurer avec eux une situation de dépendance, le formateur devient un accompagnateur, un facilitateur qui permet aux étudiants, en se faisant confiance, de co-construire de la connaissance. Il s’agit bien, pour le formateur, de débusquer et de combattre les rapports de captation, sans pour autant abdiquer ses propres positions théoriques et méthodologiques. La consigne était donc, pour chaque groupe d’étudiants accompagnés par un formateur, de partir d’un sujet de société tiré au sort, de débattre sur ce thème, de le problématiser et, après une démarche de documentation et d’enquête sur le terrain, de restituer ce travail de recherche, d’une part dans un écrit synthétique, d’autre part sous forme orale devant les autres groupes avec un support de leur choix. Un dispositif d’évaluation accompagnant le processus :Saisissant l’opportunité d’un stage dans l’IRTS pour un Master II - Evaluation, j’ai pu mettre en place, en collaboration avec l’équipe de formateurs, une recherche évaluative en m’appuyant sur plusieurs supports : - les fiches d’évaluation, rédigées par les formateurs après chacune des cinq séances partagées avec les étudiants, qui rendent compte de manière synthétique des procédures et des processus de l’organisation, et du vécu. - un journal de bord, tenu par chaque groupe d’étudiants, pour tenir à jour les décisions prises, pour garder une trace de l’organisation, et une mémoire du processus ainsi que des étapes de la démarche et de la dimension du vécu. - Les travaux écrits réalisés par les groupes d’étudiants. Une autre définition de la situation de formation :Cette expérimentation a été saluée comme une « belle aventure » par les formateurs comme par les étudiants, même si le parcours a été parfois semé d’embûches. La question du positionnement a été centrale et au cœur du processus de formation, et plus généralement d’éducation. « Il est difficile de trouver la position adéquate de l’accompagnateur, ni vraiment « dedans », ni vraiment « dehors ». Oscillation permanente entre la crainte d’être trop directif ou trop lointain. « Quand intervenir et pourquoi ? ». Ces interrogations résument bien les doutes de l’ensemble des formateurs et rendent compte d’un réel travail d’auto-questionnement avec un engagement, une implication, une distance, différents selon les personnalités. De fait, ce n’est pas une mais des figures de formateurs qui se sont profilées tout au long des séances, avec des styles singuliers teintés par les « spécialités » de chacun. C’est donc bien une tout autre approche de l’étudiant en formation qui a été mise en acte, accompagné, à chaque pas, d’une réflexion sur ce que l’on induit, ce que l’on projette et sur la question de l’autorisation chère à ARDOINO (2000). Pour autant, si beaucoup d’étudiants se sont engagés dans cette aventure, valorisés par les objectifs ambitieux annoncés au départ qui leur renvoyaient une image positive d’eux-mêmes, certains, pourtant, sont restés dans une attitude très scolaire, non impliqués, attendant d’être « pris en charge » par le formateur. On voit bien que, pour qu’ils passent de la position d’agent à celle d’acteur et pourquoi pas d’auteur (ARDOINO 1991), il ne suffit pas de le décréter. C’est probablement un travail de longue haleine, sur le temps, qui sera opérant. Les rendez-vous de la Formation Commune, tous les ans, pourraient y contribuer par leur projet original. |
|
|
IRTS - 20 boulevard des Salyens - BP 133 - 13267 Marseille Cedex 08 - tél. 04 91 76 92 00 - e-mail : irtsantispam@irts-pacacorse.com
Agrément: 93 13 029 75 13 - Siret: 349 373 340 000 18 - APE: 804 D - Mentions légales - Réalisation Erica |